1937, exposition internationale des arts et techniques dans la vie moderne. Raymond Subes et le pavillon de Métal. |
Page suivante
Les expositions de 1855, 1867, 1878, 1889, 1900, 1907, 1931, 1937.
Page suivante
Les expositions de 1855, 1867, 1878, 1889, 1900, 1907, 1931,
Page suivante
Les expositions de 1855, 1867, 1878, 1889, 1900, 1907, 1931, |
Le pavillon du Métal, groupe VII, regroupait les exposants de la classe 33 (fer) et de la classe 47 (bronze et métaux divers), dont le président n’est autre que Raymond Subes, artiste décorateur.
Intérieur du pavillon du métal.
Le forgeron de Silvestre à Commentry. Cette entrée était commandée par une grille coulissante en fer forgé et bronze de 10,5n0 mètres de hauteur sur 7 mètres de largeur, crée et réalisée par Raymond Subes. Cette porte monumentale est un exemple éclatant de la maîtrise de la technique du fer forgé, également décliné dans les grilles intérieures, les rampes, les auvents donnant sur la galerie, les balustrades, les tables, les chaises et les consoles. Preuve était faite que cette industrie était digne de son passé et qu’elle pouvait se transformer en employant de nouveaux métaux blancs : acier inoxydable, nickel, aluminium et leurs dérivés.
L’exposition de 1937 fut l’occasion pour les établissements Borderel et Robert, les usines de Subes, d'une intense activité. L’artiste ferronnier appréciait la formule : « Nous avons fait en même temps une révolution et une exposition. »
En 2003, cette porte qui orne aujourd’hui un bâtiment neuf, au 78 quai Marcel Dassault, a été inclinée de 90 degrés et réduite d’un tiers. L’autre partie de la porte se trouve sur le site Dassault de Mérignac. En ce qui concerne le transfert de la porte, le mystère reste entier. Il semble que Marcel Bloch et Raymond Subes se connaissaient bien, l’artiste ayant déjà réalisé plusieurs commandes pour l’entrepreneur. Est-ce par l’intermédiaire de Georges Hennequin, qui travailla aussi sur l’expo de 1937, ou à cause des liens entre les deux entrepreneurs que Marcel Bloch fait l'acquisition de la porte de métal nous ne le savons pas.
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
. Arrêté par la police collaborationniste française en 1940, il est déporté avec sa famille à Buchenwald en 1944. Il est sauvé par Marcel Paul, membre du Parti communiste français et chef de l’organisation clandestine du camp. En 1946, il fait changer son patronyme en Bloch-Dassault (décret paru au Journal officiel du 4 décembre 1946), puis en Dassault (décret paru au Journal officiel du 15 février 1949). Dassault est une déformation du nom de code Char d’assaut, utilisé par son frère, le général Darius-Paul Bloch, dans la Résistance. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- La contribution de Raymond Subes à l’exposition de 1937, symbolisée par la spectaculaire porte de bronze du pavillon du Métal, est d’une grande richesse. Artiste reconnu, il est l’un des commissaires de cette expo et produit pour l’événement de nombreuses pièces, telles que des portes des rampes d’escalier, des rambardes, ainsi que du mobilier.
Fontaine aux grenouilles.
Fontaine de vin. Outre cette porte de bronze monumentale et celle qu’il réalisa pour le pavillon du Musée de la ville, on citera la grille d’entrée du pavillon de la Roumanie, 18 mètres de hauteur, un motif décoratif pour le palais de la Radio, une volière, les rampes d’escalier d’honneur du commissariat générale de l’exposition et du pavillon des Arts modernes, un écusson de fer forgé pour le pavillon de l’Uruguay, quatre portes d’ascenseurs coulissantes… Son œuvre est partout et il réalise encore la Fontaine des vins, et celle aux Grenouilles, dite fontaine du Champ-de-Mars et imaginée par Gumpel et Lambert, des décorations intérieures pour le palais de Tokyo, les lustres du pavillon allemand …
Raymond Subes réalisa les lustres du pavillon de l'Allemegne.
La rampe du commissariat général de l'Exposition surmonte des panneaux de laque deGaston Suisse (voir le site dédié à Gaston Suisse). Les panneaux sont aujourd'hui la propriété du Musée d'art moderne de Paris, et sont actuellement conservés au Musée des années 30' à Boulogne Billancourt.
De très nombreuses portes en métal furent réalisées par les ateliers de Raymond Subes. On en trouve encore aujourd'hui à Paris, particuliérement dans des sièges sociaux "historiques" de banques du quartier des grands boulevards. Il trouva même le temps d’exécuter « La Vierge portant haut l’Enfant les bras ouverts sur le monde », œuvre de Roger de Villiers haute de 7,20 mètres. Cette statue trônait au sommet du pavillon pontifical, de l’architecte Tournon, pendant l’exposition de 1937. On la retrouve au sommet de l’église St Honoré d’Amiens de 1959 à 1982, date à laquelle elle bénéficie d’une restauration par l’atelier Quesnel à Corbeil en Essonne. La Vierge est ensuite rachetée par la Congrégation des serviteurs de Jésus et Marie, dépendant de l’abbaye d’Ourscamp et installée à Baillet-en-France, à 20 kilomètres au nord de Paris. L’oratoire qu’elle surmonte est ouvert au public.
Voir page pavilon Pontifical Raymond Subes est l’auteur de la décoration de nombreux ponts (parapets et tabliers de métal) : il orna l’ossature d’acier du pont de Saint-Cloud, qui relie la ville à Boulogne-Billancourt, d'un bandeau extérieur décoratif en cuivre masquant les poutres et formant le garde-corps. Les travaux, commencés en 1937, sont interrompus en 1942, puis reprennent en 1946. Le pont actuel est l’amorce de l’autoroute de l’ouest, il devait, selon ses concepteurs, permettre un écoulement facile du trafic... Le parapet de Subes, décoré de plaques de cuivre patinées par le temps, donne à l’ensemble un aspect original, mais se révèle véritablement depuis la Seine, en bateau.
Le pont de Sait-Cloud relie les communes de Boulogne et de Saint-Cloud.
Pont de Saint-Cloud. Subes est aussi le concepteur des lampadaires télescopiques du pont du carroussel, devant le Louvre. Il avait pris soin, au début de la guerre, de démonter et de cacher les fûts, pour les mettre à l'abri de l'appétit métallique de l'occupant, les remontant à la fin de la guerre.
Pour ne pas nuire à la perspective du pont, et la vue sur le Louvre, les lampadaire sont baiisés la journée. La nuit tombée, les colonnes s'étirent, et doublent leur hauteur. |
Page suivante Le pavillon pontifical
Les expositions de 1855, 1867, 1878, 1889, 1900, 1907, 1931, 1937.
![]() |
Sur les traces des expositions universelles, Paris, 1855 - 1937. Par Sylvain Ageorges aux éditions Parigramme, (extraits). En vente sur Amazone.fr , Fnac.com , Chapitre.com et dans toutes les bonnes librairies. Des questions, des infos? Contactez-moi: Sylvain Ageorges |