1855, exposition universelle des produits de l'agriculture, de l'industrie et des beaux-arts.

La première Exposition Universelle française.

Cours la reine, Carré Marigny et avenue Montaigne

15 mai - 15 novembre 1855

23 954 exposants dans la section industrie, dont 11 986 exposants Français

5 162 330 visiteurs

Les pages de 1855

Le palais de l'Industrie sur les Champs Elysées

Le Palais des Beaux-Arts

L'église Notre-Dame-du-Travail

Le zouave du pont de l'Alma

Le théâtre du Rond-Point

 

 

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Le palais de l'industrie de 1855

 

 

 

Les expositions universelles à Paris de…

1867,

1878,

1889,

1900,

1907,

1931,

1937.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les pages de 1855

Le palais de l'Industrie sur les Champs Elysées

Le Palais des Beaux-Arts

L'église Notre-Dame-du-Travail

Le zouave du pont de l'Alma

Le théâtre du Rond-Point

 

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1867,

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1889,

1900,

1907,

1931,

1937.

plan de l'exposition universelle de 1855

Situation du Palais de l'industrie, de la rotonde impériale qui relie la galerie des machines. A gauche, un bout du palais des beaux-arts.

    A la suite de l’exposition britannique, Napoléon III, par décret impérial du 8 mars 1853, décide lui aussi d’organiser une manifestation à Paris, semblable à celle de Londres. « Article 1er. Une exposition universelle des produits agricoles et industriels s’ouvrira à Paris dans le Palais de l’industrie, au carré Marigny, le 1er mai 1855, et sera close le 30 septembre de la même année. » Un second décret quelques mois plus tard rattachera une exposition universelle des beaux-arts à celle de l’industrie, dans un bâtiment distinct.

    Les projets d’un palais permanent de l’Industrie des Champs-Élysées devaient rivaliser avec le Crystal Palace, une architecture de verre et de fer devait éblouir le visiteur sur 27 000 mètres carrés, mais le conservatisme des édiles parisiens contraignit les architectes à revoir leur copie. La magnifique structure initiale fut donc très conventionnellement appareillée de hauts murs en pierre de taille.
Dans ce dessein, on abattit de nombreux ormes sur les Champs-Élysées. La  construction de ce palais a coûté la vie à 6 ouvriers et 594 ont été blessés durant les travaux. La façade imposante et lourde ne rendit pas hommage à l’audace des premiers projets. « Le palais de l’industrie est une énorme bâtisse dépourvue de style, qui encombre les Champs-Elysée, mais qui ne les orne pas », écrira M. Doncour trente ans plus tard, d’accord avec Mirabeau qui compara l’édifice à « un bœuf foulant un parterre de roses ». Néanmoins l’idée d’une verrière comme plafond fut conservée. Elle surplombait à 18 mètres de hauteur une nef de 192 mètres de longueur sur 48 de côté. L’impression de luminosité et de légèreté à l’intérieur n’avait pas de commune mesure avec l’extérieur.

Palais de l'industrie 1855

Palais de l'industrie vers 1890.

    De surcroît, on s’aperçut pendant la consrtuction que le futur palais serait trop petit, et l’on dû ajouter une nouvelle galerie de 1,2 kilomètres le long de la Seine : la galerie des machines. Locomotives, bateaux à vapeur, hélices, turbines, marteaux à vapeur, chaudières pourraient y faire tout le bruit qu’ils voulaient. Pour relier ces deux bâtiment on construisit une petite galerie passant par la rotonde de Hitoff. L’ensemble des bâtiments fut achevé le 30 avril 1855, soit la veille de l’inauguration prévue. Finalement, l’impératrice  Eugénie et l’empereur Napoléon III,  n’inaugurèrent l’Exposition que le 15 mai. Malgré ce délai supplémentaire, les visiteurs pouvaient encore voir des vitrines inachevées à la mi-juin.

visite reine victoria saint cloudvisite reine victoria saint cloud

La Reine Victoria visita l’Exposition en août et se rendit également au château de Saint-Cloud. On frappa une médaille commémoratie à cette occasion.

    Suivant l’exemple de Londres, et contrairement aux précédentes expositions françaises du Champs-de-Mars, l’accès à l’exposition était payant. Les tarifs variaient selon les jours : il en coûtait 1 franc du lundi au jeudi, 5 francs le vendredi, 50 centimes le samedi et 20 centimes le dimanche, seul jour férié pour les ouvriers. La haute société pouvait donc se retrouver entre soi le vendredi, laissant le dimanche aux ouvriers et à leur famille.
Pour autant, l’empereur avait fait distribuer 105 000 entrées gratuites aux ouvriers mais, mystérieusement, seuls 10 000 de ces billets furent utilisés. Pour faire venir davantage un public qui faisait défaut, des cartes de réductions furent mises en place pour eux et pour les contremaîtres qui désiraient venir plusieurs fois visiter l’exposition. Il ne leur en coûtait alors que 20 centimes toute la semaine, excepté le vendredi dont le tarif resta à 5 francs (« cinq francs est une somme que peu de monde peu atteindre en France » selon le rapporteur de la commission Impériale après la fermeture de l’exposition). Cette première Exposition fut déficitaire.

palais de l'industrie 1855

    Côté invention, des milliers de machines étaient présentées au public, le plus souvent en relation avec l’essor industriel et agricole de ce milieu de siècle.
    Le visiteur découvrait ainsi des locomotives, des marteaux pilons, des moteurs hydrauliques, des machines servant à déplacer des fardeaux, des ventilateurs, des souffleries, des modèles de bateaux à vapeur des chantiers de La Ciotat, des machines concernant l’industrie forestière, l’agriculture, avec des semeuses, des moissonneuses, des faucheuses et pas moins de 216 charrues venues de l’Europe entière. On pouvait repartir avec des échantillons de broderies, du tabac fraîchement torréfié, boire une tasse de café à peine sortie du percolateur hydrostatique de M.Loysel, qui produisait 2000 tasses de café à l’heure. Il faut s’imaginer que toutes les machines, toutes les inventions fonctionnaient toute la journée pour la plus grande joie des visiteurs, et ce durant toute la durée de l’Exposition.

    Cette fête de l’innovation avait un but précis pour les 23954 exposants, et ce but était principalement commercial. Le grand public découvrit encore, en 1855, la tondeuse à gazon, la machine à laver le linge de Moore, le revolver à six coups de M. Colt, la « Locomobile », premier véhicule à se mouvoir grâce à l’huile de pétrole, les machines à coudre Singer ou encore une poupée qui parle.

 

Un nommé Joseph Louis Lambot, (1814-1887), présente un bateau en cimentrenforcé par une armature en fer , capable de flotter !

beton arme lambot

Le bateau de Lambot au musée de Douarnenez, cédé par le musée des Arts et Métiers.
Photos aimablement prétées par le site "Escales maritimes, la mer dans tous ses états".

lambot brignole

La deuxième barque à Brignole.

    Cette invention, fut breveté dès 1849 sous le nom de Ferciment. Il venait d'inventer le principe béton armé. On raconte que Lambot, avait eu l'idée de fabriquer des caisses en ciment renforcé d'une armature métallique pour y planter des orangers. Ayant un petit lac sur sa propriété de Miraval , il transforma alorsle principe descaisses à orangers en barque pour voir si ça flottait. Résultat, un engin de 3 mètres sur 1,28 de large, pesant 600 kilos. Le brevet de cette barque en ciment fut déposé à la préfecture de Marseille en 1855. On y note que ce procédé est déstinéà emplacer le bois dans les constructions navales. Deux bateaux de Lambot sont encore exposès en France. L'un au musée de Brignoles, ville où décéda l'inventeur, et un autre au musée de Douarnenez (voir photos ci-dessus).

 

palais de l'industrie 1855

Intérieur du palais en 1855. Au premier plan, le miroir du stand saint Gobain. Voir une autre lithographie au musée d'Orsay de l'intérieur.


    La société anonyme de Saint-Gobain expose le plus grand miroir au monde. 200 personnes prirent part au projet, pour réaliser cette plaque de 5,37 mètre de haut sur 3,36 de large.
    Foucault
fait devant les visiteurs la démonstration scientifique que la terre tourne grâce à son pendule, conservé de nos jours au musée des Arts et Métiers. Un démonstrateur présente le procédé de développement photographique au collodion humide permettant de multiplier les photos-portraits, des musiciens exécutent des morceaux sur les nouveaux pianos Erard-Pleyel.
    D’ailleurs, toutes sortes d’instruments de musique sont exposés dont une série de saxophones, (Brevet français N° 3226 du 21 mars 1846), invention d’Adolphe Sax (6 novembre 1814, à Dinant, Belgique - 4 février 1894 à Paris). Installé à Paris dés 1841, M. Sax reçut à l’occasion de cette Exposition Universelle de 1855 une des 112 Grande médaille d’honneur pour l’ensemble de ces inventions (11033 médailles furent décernées pendant la manifestation). On peut lire dans le rapport du jury de 1856 : « Le son du saxophone est le plus beau, le plus sympathique qu’on puisse entendre. Son timbre n’est celui d’aucun autre instrument. Mélancolique, il est mieux adapté au chant ou à l’harmonie qu’aux traits rapides… »
    On présente  aussi l’avancement des travaux du câble électrique transatlantique qui reliera les Etats-unis et l’Europe, câble que l’on peut voir au musée des Arts et Métiers. Le toc plaisant à l’Empereur Napoléon III, le bronze d’art et le «plaqué argent » sont mis à la mode grâce à Ferdinand Barbedienne, qui en 1839 avait fondé une des plus grosse entreprise de fonderie de bronze d'art en France. Parmi les exemples de cette mode de la garniture de cheminée, on peut citer la pendule représentant Bourdaloue accompagnée de ces deux candélabres en bronze patiné et marbre conservée au musée des Arts et métiers. Au dessus de la pendule, le géodésien Bourdaloue effectue des visées tandis que chacun des candélabres fait d’une règle graduée est tenue par des collaborateurs de Bourdaloue, munis de leurs instruments. Bourdaloue, ingénieur et topographe français, sera chargé de procéder au nivellement général de la France métropolitaine. On instaura aussi durant cette manifestation le classement des 60  grands crus rouges et 27 blancs du bordelais, en fonction des prix de l’époque.
    On trouve dans la nomenclature des appareils divers, des machines à souffler les bouteilles ou à les laver et les rincer, à ficeler les bouchons de champagne, à peloter, peser et mesurer le savon, à pétrir le pain, à fabriquer les clous, à couper les vêtements…


1855 palais industrie

Le palais de l'Industrie lors d'une exposition ultérieure des beaux arts. La batiment fut détruit en 1899, voir page de l'exposition universelle de 1900, le Grand et le Petit Palais..


    En ce qui concerne l’électricité, 4 exposants, venus d’Autriche, de Suisse de Suède et de Prusse, proposaient des télégraphes dont la particularité était la transmission simultanée de deux dépêches dans deux directions opposées à l’intérieur du même fil électrique. Ainsi, le télégraphe de Bréguet, conservé au musée des arts et métiers, équipera un grand nombre de gares de chemin de fer. Il offre cet avantage, contrairement au système Morse, de présenter au poste transmetteur un cadran fixe sur lequel est inscrit les 25 lettres de l’alphabet et les chiffres. Un manche mobile actionné par l’employé vient alternativement se poser devant les lettres selon le texte à transmettre.  On peut donc manier le Breguet sans connaissance spéciale et il fut mis en service pour la première fois sur la ligne de chemin de fer de Paris à Versailles en 1844 qui desservait la gare de Saint-Cloud.
    On découvrit aussi  des horloges électriques et la pendule à force constante de Brosse, horloger de Bordeaux qui conçu un balancier recevant toujours la même impulsion dit échappement à force constante ainsi qu’une sonnette électrique présentée par M.Mirande (France). Quant à Mr Laigneau, fabriquant de viroles spéciales pour pinceaux et brosses, il reçoit le diplôme de l’Exposition universelle de 1855. Ce diplôme témoigne d’une orientation importante de l’exposition universelle de 1855 qui démocratise les récompenses accordées à des ouvriers ou des patrons. Quant au chimiste Colville, préparateur des couleurs à la manufacture de Sèvres et auteur d’un tableau d’échantillon de 60 couleurs pour la peinture sur porcelaine. il reçoit une médaille de seconde classe.
    Enfin, l’ingénieur Henri Tresca reçoit la médaille offerte à titre d’hommage pour sa participation aux travaux de l’exposition universelle de 1855. Commissaire de classement, il publie Visite de l’exposition universelle de Paris en 1855 où il énumère les objets sur lesquels doivent se porter principalement l’attention des visiteurs et l’indication des places où se trouvaient ces objets.

1855 industrie lemog

Image en 3D réalisée par lemog pour un film sur le palais de l'industrie, présenté au musée des Avelines à Saint-Cloud lors de l'exposition "Vestiges des expositions universelles à Saint-Cloud" en 2009.

    40.000 personnes assistent à la remise des récompenses le 15 novembre 1855. Quand l’exposition ferme ces portes à la mi-novembre, 5 162 330 visiteurs ont foulé les allées du palais de l’Industrie. Coût de l’exposition : 11 340 000 francs. Recette : 3 200 000 francs. Soit un déficit de près de 8 millions. Ce fut cependant une véritable opération de prestige montrant aux nations étrangères la grandeur de la France et qui permettra à Napoléon III de consolider sa position.


L'exposition universelle de 1855 à Paris
envoyé par Sylvain_Ageorges.

vestiges des expositions universelles de Paris

Sur les traces des expositions universelles, Paris,1855 - 1937, par Sylvain Ageorges aux éditions Parigramme, (extraits).

En vente sur Amazone.fr , Fnac.com , Chapitre.com et toutes les bonnes librairies.

 

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